ÉDITO Il y a quelques années, le délégué interministériel à la sécurité routière de l’époque, Emmanuel Barbe, m’avait crânement annoncé avoir un rêve : que les radars fixes ne rapportent plus d’argent. Si l’objectif de réduction de la mortalité routière passait par la baisse des comportements à risque, cette perspective aurait pu, en effet, témoigner de sa réussite. Pourtant, au moment de faire paraître l’interview, son service de communication avait exigé de biffer la phrase en question, reprise en titre. Sans doute, à Bercy, quelqu’un avait manifesté que faire tomber à zéro la recette des radars n’était pas une bonne idée. Du tout. Dans la même veine, François Fillon, redevenu député et pas encore candidat à la présidentielle, m’avait affirmé que jamais la politique de sécurité routière n’avait été guidée,…