Stéphane Bern nous emmène à la découverte du patrimoine français. Il nous raconte l’histoire de lieux restaurés, nous fait découvrir les coulisses du patrimoine. Derrière chaque pierre il y a une histoire, des hommes, des parcours, des métiers...
Il y a cent cinquante ans naissait la carte postale. Si elle a tendance malheureusement à disparaître de nos habitudes estivales, comme d’ailleurs toute forme de correspondance timbrée, elle n’a pas pour autant rendu les armes. Il s’en vend encore quelque soixante-quinze millions par an dont 80 % l’été, mais les Français n’en sont pas les plus grands consommateurs avec seulement 7 cartes postales envoyées contre 54 pour nos voisins britanniques et 40 pour les Américains. Philatéliste et cartophile, je dois avouer que les cartes postales m’ont sensibilisé comme les timbres à la beauté de nos villages et à la richesse de notre patrimoine historique bâti. Les touristes ne s’y trompent pas en conservant ainsi le souvenir de leur visite auquel ils aiment associer leurs amis et parents. Le patrimoine…
Cléron sonne la révolte Au début du siècle dernier, afin de désenclaver les communes rurales, des voies ferrées dites « métriques » – où roulaient des petits trains appelés « tacots » – ont été posées dans le Doubs. Avec un écartement de 1 m entre les rails (contre 1,40 m pour une voie classique), non seulement le coût des travaux baissait, mais il était moins fréquent d’avoir à créer des ouvrages d’art. C’est pourtant l’un d’entre eux, le magnifique viaduc de Cléron, enjambant la Loue, qui a besoin d’aide ! Le manque d’entretien, source de danger, a entraîné sa fermeture au public. L’enveloppe de 350 000 € nécessaire à sa restauration permettra notamment de reprendre la chaussée et les voûtes. Le viaduc redeviendra alors un point de vue exceptionnel…
«Construire plus de logements, simplifier les normes, protéger les plus fragiles et mettre les transitions énergétique et numérique au service des habitants: telle est l’ambition de la loi Elan, promulguée le 23 novembre 2018 », explique le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Sur le papier, rien à dire. D’autant que Matignon enfonce le clou, expliquant que « le logement coûte souvent trop cher. Les réglementations, le coût des terrains, les procédures administratives, les recours en justice: tout peut alourdir la facture des Français » et qu’il faut donc « construire plus, mieux et moins cher ». Quand on sait que le prix de l’immobilier a bondi de 125 % en 20 ans en moyenne, difficile effectivement de donner tort au gouvernement. Mais…
« La loi Elan comporte des articles modifiant les dispositions urbanisme de la loi Littoral du Code de l’urbanisme. Il s’agit des articles 42 à 45 », rappelle le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. La loi permet ainsi de procéder au comblement des « dents creuses » dans des « secteurs déjà urbanisés », intermédiaires entre un village et l’urbanisation diffuse. Une fiche technique de dix pages (indigeste), publiée par le ministère et intitulée « Les règles d’urbanisation dans les agglomérations, villages et secteurs déjà urbanisés », précise le cadre. La crainte majeure des amoureux de nos paysages côtiers ? Voir se densifier la construction des hameaux qui deviendraient alors des villages ouverts à de nouvelles extensions……
Elan modifie la loi de 1977 sur l’architecture et supprime l’obligation de concours d’architecture pour les bailleurs sociaux et les Crous. Elle bouscule la loi de 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée, dite « loi MOP » (qui oblige à dissocier la mission de maîtrise d’œuvre de celle de l’entrepreneur pour la réalisation des ouvrages publics) et généralise la conception-réalisation. Elle réduit le champ d’intervention des architectes en dispensant les coopératives d’utilisation de matériel agricole du recours à l’architecte pour toute construction inférieure à 800 m2 ainsi que pour l’établissement du projet architectural et paysager d’un permis d’aménager d’un terrain d’une surface supérieure à 2 500 m2; il suffira dès lors d’avoir recours à un paysagiste-concepteur. Elle réduit enfin le…
L’aventure de ce vaisseau d’acier remonte à l’Exposition universelle de 1878 qui se tint à Paris. Sur le Champs-de-Mars, les entrepreneurs exhibent fièrement leurs trouvailles et leurs machines, témoins de la révolution industrielle en cours. La fête achevée, l’année suivante, les portiques métalliques imaginés par l’ingénieur Henri de Dion pour des annexes de la grande galerie des Machines vont être recyclés à Meudon. Ce matériel va servir à bâtir le Hangar Y (Y comme la lettre qui désignait I’édifice sur le plan de masse) où seront construits futurs ballons et dirigeables sur le site de l’Établissement central de l’aérostation militaire. Il se situe sur les bords du bassin hexagonal de Chalais, dessiné par Le Nôtre en 1659 dans la grande perspective du château de Meudon, disparu alors. C’est encore d’ici…