Stéphane Bern nous emmène à la découverte du patrimoine français. Il nous raconte l’histoire de lieux restaurés, nous fait découvrir les coulisses du patrimoine. Derrière chaque pierre il y a une histoire, des hommes, des parcours, des métiers...
Le patrimoine s'affiche désormais en majesté sur Instagram et chaque visiteur devient immédiatement un influenceur, désireux de partager son enthousiasme et de communiquer ses impressions. Qui s'en plaindrait? Certainement pas les monuments et sites patrimoniaux qui voient déferler la jeune génération TikTok, téléphones portables à bout de bras, et de nouveaux visiteurs qui viennent gonfler les chiffres de fréquentation. Cette course a pourtant ses limites. On le voit au Louvre, le plus grand musée du monde, dont les conditions d'accueil de dix millions de visiteurs, prévues il y a quarante ans pour quatre millions, ne répondent plus aux exigences de sécurité et de confort. Il en est de même à Versailles qui n'a pas d'autre choix que d'avoir recours au mécénat et aux plus de 8 millions de visiteurs annuels…
Du haut de ses quatre-vingts ans, ce voilier, silhouette familière de la rade de Brest, en a parcouru des milles, vu des paysages, transporté des hommes. Ex-navire de charge reconverti en bateau à passagers, propriété de l'association An-Test depuis 1981 et classé Monument historique en 1990, le Notre-Dame-de-Rumengol a aujourd'hui besoin d'un bon carénage. Toute sa structure en bois, des bordées aux membrures, de la voûte au pont, nécessite une sérieuse révision. Coût estimé des opérations: 75 000 €, dont une bonne partie a déjà été apportée par la Fondation du patrimoine et ses partenaires. Avant de prendre la mer, le vieux gréement reçoit ses soins dans la commune de L'Hôpital-Camfrout (Finistère).…
Il n'y a pas si longtemps (voir Mission patrimoine n° 15, décembre 2024), nous partagions la joie de découvrir les célèbres remparts de la cité médiévale de Carcassonne restaurés, au terme de deux ans de travaux. Cette fois, c'est un voyage dans le temps que propose l'exposition immersive « Les derniers remparts, Carcassonne 1304 », avec le concours du Centre des monuments nationaux. Grâce à un casque de réalité virtuelle, les visiteurs plongent au cœur de la ville fortifiée, la plus grande d'Europe, telle qu'elle était en 1304. 45 minutes saisissantes à vivre en compagnie de personnages historiques comme Philippe le Bel, mais aussi de fiction. Une expérience à découvrir dans trois villes: Paris, Lyon et Bordeaux. Une nouvelle preuve que le patrimoine est bien vivant et à la pointe…
Quoi de mieux que les vieilles pierres pour construire une identité et favoriser l’éveil du sentiment national? Au XIXe siècle en Europe, c'est la construction de l’État-nation qui va progressivement souder les individus autour du culte d'un patri moine commun. La future Allemagne ne fait pas exception: « À l’époque, il y avait de multiples centres politiques et de nombreuses seigneuries organisées comme des duchés, explique Antoinette Maget Dominicé, directrice du Centre universitaire du droit de l'art à l'université de Genève. Le souci prussien était d'unifier, sous la forme d'un État-nation, ce qui deviendra l'Allemagne. Et les monuments et autres lieux de mémoire ont été l'un des supports de cette unification. » C'est autour du château de Heidelberg, édifié entre le XIIIe et le XIVe siècle et détruit lors de…
Contrairement à la France, les 45 000 églises catholiques et protestantes d'Allemagne ne sont pas la propriété des communes, mais des paroisses. Les travaux d'entretien et de réfection se financent majoritairement grâce à l'impôt sur le culte (Kirchensteuer) obligatoire pour tous les Allemands baptisés ou qui se sont déclarés croyants. En Allemagne, tout contribuable doit, en effet, déclarer sa religion à l'administration. Cet impôt religieux est prélevé à la source et figure sur les fiches de paie à côté des prélèvements sociaux. Le pourcentage, qui oscille entre 8 et 9 %, diffère selon les Länder. La baisse du nombre de fidèles pourrait-elle rebattre les cartes? Les églises profitent également de subventions publiques, mais aussi de dons et de l'aide de la Fondation allemande pour la protection des monuments historiques. Les…
L'Histoire a parfois tendance à se répéter. Concernant les vitraux de Notre-Dame de Paris créés par Viollet-le-Duc entre 1855 et 1865, elle bégaie même. En 1935, une douzaine d'artistes verriers parisiens prônaient déjà le remplacement des verrières en grisailles imaginées par le grand architecte de la rénovation de la célèbre cathédrale au XIXe siècle. Sans succès, malgré le soutien des défenseurs du renouveau de l'art sacré par la modernité. Le projet avait, en effet, fait les frais des réticences, fort nombreuses, il est vrai, de ceux qui entendaient veiller à la conservation de la maison de Dieu en l’état. Pour les partisans du respect immuable du patrimoine ancien, nul ne pourrait jamais égaler les anciens artisans. Quand bien même l'ouvrage de Viollet-le-Duc a pu être contesté lorsqu'il fut fini. À…