Stéphane Bern nous emmène à la découverte du patrimoine français. Il nous raconte l’histoire de lieux restaurés, nous fait découvrir les coulisses du patrimoine. Derrière chaque pierre il y a une histoire, des hommes, des parcours, des métiers...
Combien de fois aurai-je entendu ce reproche à peine voilé: « Au lieu de sauver des vieilles pierres, vous feriez mieux de sauver des gens! » On serait tenté de répondre, pour paraphraser Lamartine, qu'« on n'a pas un cœur pour les pierres ou un cœur pour les hommes; on a du cœur ou on n'en a pas »! Comme le soulignait Ken Follet dans le premier numéro de Mission patrimoine, derrière chaque pierre, il y a une aventure humaine, celle des bâtisseurs de nos monuments, sans oublier les femmes et les hommes qui font vivre au quotidien le patrimoine. Les chantiers du patrimoine emploient quelque cent cinquante mille artisans d'art et compagnons qui perpétuent les savoir-faire ancestraux de l'excellence à la française. Tailleurs de pierre, charpentiers, marbriers, vitraillistes, staffeurs,…
EN IMAGES DANS LE VAR Le visiteur qui découvre ses contours aujourd'hui défraîchis imagine volontiers l'édifice au temps de sa splendeur. Bâtie en 1910 à Rayol-Canadel-sur-Mer pour Alfred Courmes, homme d'affaires parisien, la demeure devient un hôtel-casino, l'Hôtel de la Mer, en 1925. Suivront de nouveaux propriétaires, la Seconde Guerre mondiale et l'abandon. Miraculée, la villa est rachetée en 1989 par le Conservatoire du littoral. Le paysagiste Gilles Clément repense l'accompagnement végétal du domaine de Rayol. Son Jardin des Méditerranées posé sur la corniche des Maures se visite toute l'année. L'accueil se fait par l'Hôtel de la Mer, d'où l'importance stratégique de sa rénovation achevée l'été dernier, entreprise par la Fondation du patrimoine, en appui du plan de relance de l'État qui a déjà débloqué une enveloppe de 1,5 millions…
EN IMAGES EN VENDÉE Sa silhouette caractéristique en fait le symbole du Marais poitevin. Le frêne têtard doit son nom à la taille des branches: au sommet de son tronc massif, on dirait une tête posée. Massivement planté au xixe siècle, il servait de bois de chauffage et permettait de consolider les berges. Le long des 2100 km de voies d'eau de la Venise verte, 400000 frênes alignés en forment la signature végétale. Hélas, ce sublime panorama va être bouleversé, la faute à la chalarose, maladie fongique qui décime inexorablement les bois depuis 2016. « Nous conseillons donc de ne plus planter de frêne afin d'éviter la propagation de la maladie par des plants infectés », exhorte le parc naturel régional, classé en 2003. Six essences formeront les têtards de…
Les 281 métiers d'art sont définis par la loi et listés officiellement dans un arrêté. « Leur finalité est la création ou la restauration du patrimoine, dit le ministère de la Culture. Métiers de la main, ils nécessitent des années de pratique avant d'atteindre une maîtrise parfaite des gestes. » Répartis en 16 disciplines et de nombreuses spécialités, on les retrouve dans des secteurs économiques variés: le luxe, la mode, l'architecture, la décoration d'intérieur, le patrimoine, le spectacle vivant… Ce secteur, qui rassemble 60 000 entreprises et 15 000 professionnels a enregistré en 2019 un chiffre d'affaires de 19 milliards d'euros, dont 8 à l'export. Principalement porté par de modestes entreprises réparties sur l'ensemble du territoire, il apparaît parfois imparfaitement et insuffisamment structuré, et souffre d'un manque de visibilité auprès…
Actus DOSSIER Les métiers d'art ont de la ressource INTERVIEW Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation Mission patrimoine: Pourquoi avez-vous décidé de lancer le fonds de soutien aux métiers d'art? Olivia Grégoire: Cette démarche s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale en faveur des métiers d'art que nous avons lancée l'année dernière. Le fonds vise à ancrer cette stratégie dans tous les territoires de l'Hexagone. C'est ce que nous faisons avec le ministère de la Culture, avec l'aide à l'installation ou à la modernisation d'ateliers d'artisanat d'art ouverte aux artisans d'art en janvier 2024, ou encore avec une nouvelle campagne de restauration des collections du Mobilier national qui fait appel à des artisans partout dans les territoires. Nous utilisons aussi ce fonds pour…
LA FASTO A2 DE 1926, À GIVORS (Rhône, Auvergne-Rhône-Alpes) À travers la restauration de cette voiture extrêmement rare, ce projet consiste à faire revivre tout un pan du patrimoine automobile français, mais également à préserver les savoir-faire techniques et l'artisanat qui ont permis de créer ce petit bijou. C'est le seul exemplaire complet recensé à ce jour. Il faut dire que le modèle A2 de la marque Fasto, dévoilé en 1926 lors du Salon de l'auto, à Paris, n'a été produit qu'à une quinzaine d'exemplaires. Récupéré en 2021 par le Groupement associatif des collectionneurs du patrimoine technique (GACPT), ce bijou automobile a été miraculeusement sauvé de la casse. Aujourd'hui, ces passionnés comptent bien lui donner une deuxième vie. Comme il n'existe pas de formation spécifique à la réparation de carrosserie…