Comme c’est moderne!» L’un dit cela avec enthousiasme, l’autre avec méfiance. «Mais… ce n’est pas moderne!» Cette fois, le premier s’indigne, tandis que le second se tait. Appelons notre premier auditeur Monsieur Contemporain, l’autre Monsieur Réactionnaire. Monsieur Contemporain se précipite dans les festivals consacrés à l’expérimentation musicale, où il apprécie d’être étonné, désorienté, provoqué, scandalisé ; même l’ennui qu’il éprouve souvent lui prouve la qualité de l’œuvre, puisque le confort, l’émotion et le plaisir appartiennent, selon lui, à une conception archaïque de l’art. Monsieur Réactionnaire écoute, lui, les pièces du patrimoine. Échaudé par une excursion à l’Ircam, repoussé par deux ou trois créations symphoniques au milieu d’un concert traditionnel, agacé par les déclarations virulentes de compositeurs agressifs, il a conclu que l’art dégénère. Monsieur Contemporain valorise l’actuel en méprisant le…
