Une madeleine de Proust : dès qu’on pensait « Vivaldi » ou « Venise », inconsciemment on pensait à lui. On se souvenait de ses disques, de ses centaines de disques, dont deux ou trois au moins, en dépit de leur style, continuaient d’occuper une place de choix dans notre panthéon. Car si quelqu’un nous avait permis d’entendre Venise avant de la découvrir, c’était bien lui, Claudio Scimone. D’abord parce que le nom de son ensemble, fondé en 1959, annonçait la couleur : I Solisti Veneti, les Solistes Vénitiens, tandis que des Guardi et Canaletto ornaient immanquablement les pochettes de ses albums Erato. Quant aux sonorités, quel monde ! Les Solisti tissaient un duvet soyeux à ces virtuoses nommés Rampal, André, Touvron, Bourgue, qui venaient spécialement chez eux, dans le…
