Que reste-t-il de la guerre de Trente Ans, dont on pourrait commémorer en 2018 les 400 ans de son déclenchement? En France, rien, ou pas grand-chose: quelques toponymes évoquant les Suédois en Lorraine — la région de la France actuelle la plus touchée avec l’Alsace —, et quelques menaces d’arrière-grandmère croyant effrayer les enfants à l’évocation des « cravates » — en fait, les Croates, éclaireurs mercenaires alors connus pour leur goût immodéré du pillage. Aucun monument, trois lignes dans les manuels scolaires, une assez maigre production historique, souvent cantonnée à l’action de Richelieu. Il est vrai que le royaume de France n’entre dans le conflit que fort tard, en 1635 et non en 1618, et en sort également beaucoup plus tard (1659 au lieu de 1648). Il est vrai…