Malgré la pression croissante des peuples barbares, les armées romaines gardèrent longtemps belle apparence. Formées de véritables professionnels – soldats de père en fils –, dotées d’un armement homogène par un État disposant d’arsenaux, elles ont veillé aux frontières et sur les routes jusqu’au Ve siècle. Au prix, il est vrai, d’une intégration croissante de mercenaires germaniques et d’un rendement décroissant. Il y avait alors, peut-être, 600 000 soldats dans l’Empire, pour plusieurs dizaines de millions d’habitants. C’était peu. Ils ne feront pas le poids face aux guerriers des peuplades barbares. Encore moins nombreux, pourtant, que les derniers Romains, dotés d’une tactique rudimentaire et d’un train des équipages inexistant. Mais ils avaient la guerre chevillée au corps, une mobilité extrême, une remarquable cavalerie (du moins ceux qui avaient été en…