Du romancier ou du biographe, qui approche au mieux la vérité d’un compositeur ? Le second, sans nul doute : celui qui, par sa rigueur scientifique, atteint le cœur de son sujet en ne s’autorisant que des digressions vérifiées et en bannissant toute invention personnelle. Mais il est des cas où le romancier l’emporte. Lorsque, mystérieuse alchimie, celui-ci sait ouvrir les portes sensorielles du musicien dont il a fait son héros.On pense au roman Ravel de Jean Echenoz, invitation envoûtante à (ré)écouter sa musique, alors que pas une seule fois le romancier ne se fait musicologue : c’est par son style, elliptique, sa syntaxe, maniaque, ses mots, pesés et soupesés,son sens microscopique du superflu, son art de caresser les choses pour mieux en capter la profondeur, qu’Echenoz tisse un parallèle…
