La cinquantaine, la démarche lasse, la chevelure hirsute, le regard un peu ailleurs derrière ses lunettes,et comme étranger à l’agitation qui l’entoure alors qu’elle le concerne au premier chef, Thierry Escaich clôture le 28e Festival Présences que Radio France organise en son honneur.À l’orgue,soudain, c’est un autre homme. Terrifiant de précision et d’intensité dans son Deuxième Concerto, Escaich est hanté de la tête aux pieds par le feu intérieur de sa propre musique : rafale d’aigus, ground inquiétant au pédalier, une tension qui monte, un mouvement irrépressible, marque et force de son œuvre, une architecture qui se dresse, des zébrures trouant « le jeu coloré de masses sonores qui s’entrelacent dans un mouvement de flux et de reflux », explique-t-il. Salle comble. Succès. Rappels. Une improvisation torrentielle en bis :…
