Sept jours sur sept, du matin au soir, des migrants défilent devant cette caravane défraîchie installée en face de celle de Médecins du monde. Au-dessus de la porte, une inscription peinte en rouge: “First Aid.” Et derrière la porte, Shakir, un migrant pakistanais d’une trentaine d’années. Expulsé après deux années passées en Angleterre, Shakir est arrivé dans la “jungle” de Calais il y a deux mois. Presque aussitôt, il a ouvert ce cabinet médical improvisé. Dans les placards en bois, pas d’antibiotiques. Mais des antidouleurs, des sirops pour la toux, des bandages, des produits désinfectants et un kit de suture. Des dons anglais, allemands, belges ou autrichiens, explique-t-il. Sans blouse blanche ni gilet d’associatif, Shakir enchaîne les consultations gratuites en chemise et veste en cuir. Ce matin d’hiver, en l’espace…
