Lorsque je mange un poulet basquaise, aussitôt me reviennent en mémoire les déjeuners du dimanche dans la maison familiale à la campagne. Ce poulet, c’était celui de ma mère, que je vois penchée au-dessus du plat, servant généreusement les morceaux de volaille accompagnés de tomates, de poivrons, et d’une sauce onctueuse qui accompagnait le riz. Pour moi, bien sûr, c’est le meilleur, incomparable, même s’il n’avait sûrement rien de basque, car ma mère ne connaissait de Saint-Jean-Pied-de-Port qu’une visite de vacances.
L’histoire commence très tôt : dans le ventre de sa mère, le fœtus découvre les saveurs. Il suffit de poser la question : nous avons tous un plat d’enfance, lié à la chaleur de la famille, à l’amour du pays. Stéphanie Schwartzbrod, auteure de La Cuisine de l’exil, en…
