MENDE, à la confluence des Cévennes, un après-midi d’automne. Ici plane l’ombre de la Bête du Gévaudan, qui, de 1764 à 1767, sema la terreur et la mort dans cette ancienne province royale de France. L’animal légendaire, dont on ne sait s’il fut un loup, un sorcier ou même un tueur en série, a aujourd’hui son espace réservé au coeur du tout nouveau musée qui porte son nom dans le centre historique du chef-lieu de la Lozère. Ses représentations au fil des décennies (dessins, gravures, manuscrits…) y côtoient des oeuvres contemporaines, parmi lesquelles la création, saisissante, de Lionel Sabatté réalisée pour l’occasion. L’artiste, qui travaille à partir de matériaux résiduels, a façonné sa Bête avec des moutons de poussière locale agglomérés sur une structure métallique. Craintif et décharné, l’animal reste…