Avec ses grandes lunettes carrées et ses pantalons remontés très haut, Jiang Zemin improvisait des tours de chant, dansait avec l’épouse de George W. Bush ou sermonnait avec fougue des journalistes hongkongais jugés trop « naïfs ». La mort, le 30 novembre, à 96 ans, de l’ excentrique ex-président, qui a suscité des réactions nostalgiques sur la Toile chinoise, tombe mal pour le très autoritaire et corseté Xi Jinping, après des manifestations historiques contre sa politique « zéro Covid ».
Jiang (1989-2003) était pourtant lui aussi un redoutable autocrate : nommé après le massacre de la place Tiananmen, en 1989, il a soutenu la répression. Mais à son époque, la Chine était plus ouverte sur le monde, quelques espaces de relative liberté subsistaient et, surtout, ce furent des années d’enrichissement…