Pris de court le 3 juillet, le gouvernement Pétain ne se reconnaît aucune responsabilité dans l’affaire de Mers el-Kébir, écrit François Charles-Roux, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Une attitude plus anglophile aurait pu, pour commencer, calmer les angoisses de Londres. Ainsi, Darlan, lors d’un dîner organisé en son honneur par l’Amirauté en décembre 1939, répond au toast porté à sa santé en évoquant son ancêtre tué à Trafalgar… « J’en ai déduit qu’il faisait partie de ces braves Français qui haïssaient l’Angleterre », écrira Churchill dans ses mémoires. Une impression aggravée par la suite. À Briare (Loiret), le 12 juin, Darlan donne sa parole à Churchill que sa flotte restera française ou se sabordera, engagement répété par l’élite politique, diplomatique et militaire française (Reynaud, Lebrun, Baudouin, etc.). Mais,…