Certaines familles se transmettent des légendes et des gestes héroïques. Chez les Moise, la maladie est le ciment qui, depuis le XVIe siècle, unit une lignée de femmes, frappant uniquement les filles aînées. Durant toute son enfance, Ninon s’est endormie en écoutant sa mère, Esther, lui raconter des histoires de transes, de crises, de femmes soudainement atteintes de pathologies rares et effrayantes. La première, Marie Lacaze, la folle dansante, était brodeuse à Strasbourg. Suivront Brune Clamart, souffrant d’un effritement des vertèbres, les jumelles Ève et Adèle, atteintes du syndrome de Gilles de La Tourette, Louise Tempe, la grand-mère de Ninon, aveugle et sourde, inventrice d’un alphabet digital composé de minuscules pressions sur la peau. Atteinte d’une maladie qui la prive de la vision des couleurs, Esther Moise a élevé sa…
