Ce n’est pas pareil: pour ne pas crier, il suffit de ne pas crier. Mais ne pas manifester de signe d’impatience, c’est autre chose: ça se loge partout, dans le corps, dans la voix et dans le regard, si bien qu’on ne peut pas camoufler, refouler, faire semblant. On lit comme dans un livre ouvert les impatiences des gens. Les miennes sont fréquentes, soudaines, prévisibles: je m’agace pour un volume sonore trop élevé, un départ qui n’en finit pas, des demandes réitérées dix fois; je m’irrite quand on me marche sur les pieds ou qu’on me donne un coup de tête en jouant; je me hérisse quand on traîne, on râle, on chouine, quand on refuse, on s’énerve, on s’obstine. Elle, non.
C’est assez fascinant à regarder. Je l’épie du…
