Quand Avignon entre en festival, tout le monde est déjà sur le pont. Les costumières ont cousu le moindre bouton, les comédiens repassé leurs tenues, les régisseurs vérifié leurs écrans, les terrasses fait le plein de cendriers. Bien pourvus enmaquillage indélébile, les mimesvérifient leur accoutrement, Esmeralda ou pharaon, avant de se figer place de l’Horloge ou place de l’Amirande. Une armée de statues, muettes et vivantes, envahit la cité des papes, qui devient un mois durant la cité des palabres. Car, derrière les remparts, ça parle ! Dès le petit déjeuner à l’hôtel, on feuillette le catalogue du Off, plus épais qu’un annuaire. Dans les queues, à l’ouverture des guichets, sous les micocouliers du square Agricol-Perdiguier, le long de la Sorgue rue des Teinturiers, on critique, on conseille, on s’enthousiasme.…