Trente-deux ans et huit mois de mystère, de rebondissements, de fausses pistes et d’impasses. Et voici l’affaire Grégory relancée, comme par enchantement. Jeune reporter, ainsi que nombre de fait-diversiers de mon époque, je suis allé, à partir de 1988, traîner dans les Vosges, à Lépanges-sur-Vologne, puis à Do-celles, 7 kilomètres en aval, où le corps de l’enfant martyr a été repêché le 16 octobre 1984, peu après 21 heures. J’y suis allé pour tenter de comprendre pourquoi cette affaire Grégory avait été, à cette fin de XXe siècle, ce que l’affaire Dreyfus avait été au siècle précédent. Les dimensions politique et antisémite en moins. Le parallèle reste néanmoins frappant. À partir de 1984, la presse accuse, dénonce. Chaque foyer français, happé par le récit haletant de l’enquête qui s’étale dans…
