C’est une soirée de skinheads néonazis qui aurait pu se terminer dans un bain de sang. Le 8 décembre 2012, une trentaine de jeunes au crâne rasé, Rangers aux pieds, pogotent sur de la musique punk dans une maison d’Estrées-Mons (Somme). Aux murs, des drapeaux du III e Reich, des croix gammées, une croix de fer, des portraits d’Hitler. Les militants picards de Troisième Voie, un groupuscule d’extrême droite, ont invité leurs « frères » de Nationalistes autonomes (NA), une mouvance concurrente, avec lesquels ils veulent, officiellement, renouer. Mais, brusquement, la pseudo- réconciliation vire au pugilat. Les membres des NA sont agressés à coups de chaînes de vélo, de coups-de-poing américains par les militants de Troisième Voie Picardie. Leur chef, Jérémy Mourain, plante son couteau à cran d’arrêtdans le…