Moi aussi, chaque année, à peu près à la même époque, quelques jours avant l’arrivée du printemps, j’éprouve le besoin d’aller tâter le cul des vaches. Pas à la porte de Versailles, dans ce que les organisateurs du sacro-saint Salon de l’agriculture pensent être «›la plus grande ferme de France›». Non, moi je retourne chez moi, dans le Morvan, dans ces vallées sauvages et préservées, un peu rétives aux changements, éloignées des grands axes de communication, exclues des centres de décision. Là-bas, une poignée d’éleveurs vieillissants y font encore du «›broutard›», ces jeunes veaux mâles, de race à viande – du charolais – qui se nourrissent de lait maternel et d’herbe jusqu’à leur sevrage puis leur abattage. Élevage traditionnel, toujours extensif : les bêtes de mes voisins passent les trois…