Dans la préface de son petit ouvrage*, François Jouffa, coauteur du livre avec Frédéric Pouhier, nous conte une singulière histoire. C’était au temps jadis, dans les années soixante, sur les ondes d’Europe 1. Le journaliste André Arnaud, alors à l’antenne, s’emmêla les pinceaux en relatant une intervention des pompiers. Et évoqua «›l’écoulement, le déboulement, heu merde›», avant de se reprendre et de parler d’ «›éboulement›». Dans le studio, la phrase provoqua stupeur et tremblements, tant le moindre mot comptait. À l’époque, le parler public était corseté. Quelque cinquante ans plus tard, la police des langues a baissé les bras. Et les lapsus, les emportements, les contrepèteries et leurs avatars donnent à l’orateur ou à l’oratrice un soupçon de vérité, d’authenticité qui humanise son image. Quitte à ce que son bon…
