C’est de l’encre dont on dessine la calligraphie d’un lieu. La main, doucement, élève la grappe dans la lumière, offre les billes bleutées à l’objectif. L’image est d’aujourd’hui. Elle pourrait être d’un autre temps, d’un autre siècle, reflet identique d’un geste immuable. Elle ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à une toile, sombre et lumineuse, un brin carava gesque. Les doigts sont tachés, comme ceux du Bacchus de Caravage qui osa parer sa divinité de mains humaines, paysannes, provocation parmi d’autres pour le génie baroque. Cette main, c’est celle de Teo Riouspeyrous du domaine Arretxea, ces billes sont du tannat, le sang de ce Pays basque d’une folle beauté, vignoble dont les parcelles s’accrochent aux reliefs, sous le manteau des Pyrénées. Depuis que les moines de Roncevaux y ont planté de…