LA PAROLE PATERNELLE SE RÉPÉTAIT, TOURNAIT DANS SA TÊTE: « UN JOUR TU FERAS TON VIN, MON FILS »… Il y a presque cent ans, ici, c’était l’enfer, le fracas de l’artillerie, les cratères brûlants, la boue projetée sur les visages hurlants des poilus hagards, les arbres fauchés battant l’air enfumé, l’immense clameur des cohortes dévalant les pentes de la “côte 240” pour défendre ce coteau stratégique de la Montagne de Reims au-dessus de Gueux, village de Champagne. Un endroit pour rêver, changé en cauchemar sombre. Les vignes détruites, oubliées, les oiseaux muets, la litanie des jours noirs et l’horizon du désastre.
Après quatre années, quand le silence est revenu s’étendre sur le champ de bataille, timidement un merle a sifflé, son regard d’or aux aguets, puis s’est enhardi et…