Des milliers de rouges-gorges s’envolaient vers le ciel et éclaboussaient notre monde de toute leur lumière », murmure Laura Dern à Kyle MacLachlan. Ils sont assis dans une voiture, en pleine nuit, le temps semble suspendu, seules résonnent quelques notes d’orgue. L’actrice, alors âgée de 17 ans, raconte ce songe en embrassant toute la candeur du monologue. Ses yeux s’écarquillent d’émerveillement, comme si elle observait cette nuée d’oiseaux en temps réel. Blue Velvet, le quatrième film du cinéaste américain David Lynch, la saisit dans un instant de sublimation. « J’ai oublié la position des caméras, mais je me souviens de l’atmosphère, de la température, de la musique sur le plateau », me raconte-t-elle aujourd’hui au téléphone, d’une voix rêveuse. Ce jour de décembre, très matinal du côté de Los Angeles,…