Paru en 1962, Orange mécanique, d’Anthony Burgess, se trouve dans la pile de lecture de Kubrick, mais le réalisateur, qui travaille alors à un film biographique sur Napoléon, le met de côté. C’est son épouse, Christiane, qui, après l’avoir lu, lui recommande fortement de le lire à son tour. Le coup de foudre est instantané. Kubrick, qui a déjà dit que si une chose pouvait être écrite, il pouvait la filmer, est particulièrement emballé par la société dystopique de cette œuvre d’anticipation. Cela lui permet notamment de tourner la majeure partie du film dans des quartiers «futuristes» de Londres. Pour le reste, il met tout son attirail au service du récit: accéléré, ralenti, travelling, plongée, contre-plongée, etc.
À la sortie du film, en décembre 1971, la plupart des critiques sont…