Il sort du travail. Incognito. Le cou enroulé dans une écharpe grise. Un bonnet assorti planté sur la tête. “Je me protège, c’est pour éviter qu’on me reconnaisse”, lâche Lassana Bathily, les mains fourrées dans un gros blouson noir. Il reprend: “Je me cache. Je ne donne jamais mon numéro de téléphone, par exemple.” Dans le métro aussi, Lassana se fait discret. “Les gens sont gentils quand ils me reconnaissent, ils me félicitent, veulent prendre des selfies.” Un silence. Puis un sourire qui ne vient pas. “Mais quand on me demande si je suis bien Lassana Bathily, je réponds: ‘Non, c’est pas moi.’” Et, à voix basse: “Je fais toujours attention, au cas où ils voudraient me buter.”
Le 9 janvier 2015, deux jours après l’attaque des frères Kouachi contre…
