“Ici, c’est chez nous. Pas de bluffeurs, que des vrais.” Kara, 21 ans, embrasse d’un large mouvement de bras le square qu’il squatte près de la porte de Saint-Ouen, à Paris. Ses potes, même âge, même allure, sont agglutinés sur des bancs, portable et bouteille de Tropico à moitié entamée à la main. Des motos de cross –des “cross”– et des T-Max rutilants sont garés à proximité. Leurs spécialités? Roues arrières en scoot’ et courses-poursuites. Comme les autres, Chamoulini, 22 ans, a découvert l’ivresse de la vitesse vers 14 ans. “On a commencé avec les minimotos, raconte-t-il. Ça coutait 500 balles, on s’y mettait à plusieurs, on les faisait rouler jusqu’au bout, puis on en achetait une autre et ainsi de suite. Après, il y a eu les vraies bécanes.”…