Il a le ton grave de circonstance et les sourcils froncĂ©s. Mais pas de camĂ©raman pour le filmer, contrairement Ă ses confrĂšres. Tant pis, le pied est solidement fixĂ© et le plan cadrĂ© pile comme il faut: son buste en premier plan, la promenade des Anglais derriĂšre lui et la façade du luxueux Palais de la MĂ©diterranĂ©e en fond. Micro en main et oreillette bien calĂ©e, ce journaliste britannique enchaĂźne les directs. âPartout, on aperçoit encore les taches de sang sur le solâ, rĂ©pĂšte-t-il. Vrai. Et pourtant, tout a Ă©tĂ© fait pour les masquer: les petits galets, les bougies qui dĂ©goulinent de cire, les fleurs, les dessins dâenfants, les peluches, les poupons, les drapeaux bleu, blanc, rouge, les mots dâincomprĂ©hension, dâamour et de paix. Les offrandes, aussi. Comme ce maillotâŠ
