Àl’ouest de l’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-Palatinat, immanquablement, toutes les trois semaines, Anni, 27 ans, se réunit en visio avec deux amies – l’une est sa coloc, l’autre habite à quatre heures de route. Et tous les deux mois, les mêmes se retrouvent en face-à-face. Ce n’est ni pour rigoler ni pour bavasser. L’objet de ces réunions virtuelles ou réelles est de parler argent, moula, thune, blé, sous. Car le trio fait partie d’une GemÖk (prononcer “guémeuk”), raccourci de “Gemeinsame Ökonomie” ou “économie commune”. Soit des groupes d’amis qui décident de mettre en commun tous leurs revenus sur un compte, revenus dont chacun pourra se servir selon ses besoins, à certaines conditions – ce qui suppose bien entendu une certaine organisation. “Nous avons commencé à noter nos revenus et…
