Les lieux gardent-ils en mémoire leurs vies passées, comme le pressentait Patrick Modiano dans son roman Dora Bruder? «On se dit qu’au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités. Empreinte: marque en creux ou en relief.» Si tel est le cas, que les cinéphiles habitués du Louxor, à Barbès, ne s’étonnent pas d’halluciner le refrain des «Divas du dancing» de Philippe Cataldo: «Corps serrés, cœurs glacés / Elles gardent de toi un peu de gomina.» Depuis son ouverture le 6 octobre 1921, le Louxor-Palais du cinéma, serti de riches mosaïques et d’un décor néo-égyptien, a surtout connu une existence de grand écran, traversant l’histoire du 7e art au gré des révolutions, des modes et des genres. Muet, parlant, science-fiction, westerns, péplums, films de guerre,…