ELLE EST GRANDE, LES ÉPAULES larges, dissimule son épaisse carrure sous un long pull noir et son visage au teint pâle sous sa chevelure d’un noir de jais. On la connaît depuis l’an 2000 sous le nom d’Antony (And The Johnsons), qui, avec I Am a Bird Now, nous rappelait qu’un New York mélancolique, underground et trans existait toujours. Depuis son dernier album en date, Swanlights (2010), l’artiste n’a pas cessé de tourner et, entre deux projets arty, a décidé de s’assumer en tant que femme. C’est sous le nom d’Anohni qu’elle publie aujourd’hui Hopelessness (“désespoir”), album de protest songs électro-pop de haute voltige. L’environnement, le capitalisme, les guerres, le sexisme et l’intolérance sont autant de sujets auxquels s’attaque Anonhi avec une rage qu’on ne lui connaissait pas. Et sur…
