En 1954, Robert Capa, âgé de 41 ans, est une figure de proue du photojournalisme. D’origine hongroise, naturalisé américain, il a déjà couvert quatre conflits : la guerre d’Espagne, la guerre sino-japonaise, la Seconde Guerre mondiale et la création de l’État d’Israël. Sacré “meilleur photographe de guerre du monde” par le Picture Post en 1938, il a réalisé des images élevées au rang d’icônes, cristallisant la mémoire des événements historiques. Dès 1947, il raconte à la radio que pour prendre de bonnes photographies, il faut passer beaucoup de temps sur le terrain, au plus près du danger, dans les tranchées : “une habitude que j’aimerais bien perdre”, conclut-il sur le ton humoristique qui le caractérisait.
Lassé par la photographie, il envisage de mettre fin à sa carrière de reporter pour…