C’est une lettre à l’absent, magnifique et bouleversante, qu’aucun chapitre n’interrompt, un monologue mûri pendant des décennies, semblant avoir été écrit d’une traite, dans un seul souffle. Plume incisive, mais trempée dans la douceur des sentiments. Comme dans « Romance », paru chez le même éditeur (Grasset) en 2022, celle qui la tient se fait appeler Jeanne, « ce prénom dans lequel il y a “Je” et “Anne”, doublement moi », admettait à l’époque Anne Goscinny, née, comme son héroïne, à la fin des années 1960. Le deuil des êtres chers, la quête du bonheur, de la foi, le judaïsme et la psychanalyse dont elle n’est jamais sortie, le refus de la réalité et son acceptation, toutes les obsessions de l’autrice, orpheline à 25 ans, sont encore convoquées. L’ombre du…
