Au onzième jour de la guerre, la Cisjordanie est en état de siège, morcelée par des montagnes de gravats et des checkpoints de l’armée israélienne. Sous cloche, Naplouse, bastion de la lutte armée, retient son souffle. Dans les venelles de la vieille ville tapissées des photos des martyrs de la seconde Intifada, les télés sont branchées en permanence sur Al Jazeera. En voiture, en marchant, on suit en direct le calvaire de la bande de Gaza sous les bombardements. Ici, tous saluent l’attaque du 7 octobre qui, à la manière d’une grenade dégoupillée, a ramené la cause palestinienne au premier plan. « Pourquoi l’Occident ne se réveillet-il que maintenant ? Notre sang coule depuis soixante-quinze ans et n’a jamais ému personne », s’indigne Ayman Shakaa, responsable d’un centre communautaire. Francophone,…