À l’intérieur, l’eau est douce, mais aussi sale, saumâtre, nauséabonde. La température, rafraîchie par la brise, n’excède pas 28 °C Benoit sait maintenant combien les îles peuvent rendre fou, exacerber les failles, engendrer des conflits… Lorsque, par un beau matin de mai 1987, l’annexe d’un bateau de pêche américain le dépose sur une plage de l’île déserte de Clipperton, ce « pauvre caillou perdu », comme il l’appelle, Benoit Gysembergh ne sait pas encore s’il va passer une semaine au paradis ou en enfer. Le capitaine américain a exigé qu’il soit armé d’une carabine M1 et d’un revolver. Il est équipé d’une tente, de quelques provisions et accessoires achetés dans un supermarché de San Diego.
« Comme Robinson Crusoé, j’entamais le premier tour de “mon” île », écrit-il. Avec ses…