Pendant des années, les intervieweurs politiques français faisaient sourire pas mal d’étrangers. Déférents, timides, onctueux, limite courtisans… Pour les Giscard ou Mitterrand, l’interview télé, c’était Versailles: Sa Majesté daignait lâcher un ou deux indices sur sa façon de régner. En face, les journalistes recueillaient la sainte parole sans oser relancer ni contredire. J’exagère à peine. Puis, après Elkabbach, tantôt audacieux, tantôt complaisant, il y a eu Mourousi, Ardisson, Bourdin, Salamé. On s’est enhardi. Au risque de virer à l’inquisiteur. Ou tout simplement au bourrin.
Aujourd’hui, c’est à qui se montrera le plus offensif. Quand il s’agit d’interroger un politique, passe encore, ces gens-là ont été nourris à prendre des tacles sans un rictus. Mais maintenant, la moindre célébrité, acteur, auteur, metteur en scène, actrice, icône… se retrouve sous le feu…
