La guerre est entrée dans les services, emportant avec elle leurs soldats. Même les plus forts, les rocs, commencent à tomber L’infirmière a rendu sa blouse : « J’ai besoin de respirer l’air frais, de retourner du côté des vivants», a-t-elle glissé au docteur François Philippart, chef adjoint du service de réanimation à Saint-Joseph, à Paris. Pourtant, dans cet hôpital, les souffrances des soignants sont prises en compte. Depuis mars 2020, une « bulle » leur permet de souffler. Marguerite d’Ussel, responsable de la consultation douleur chronique, a imaginé cet espace où s’allonger, se faire masser, prendre rendez-vous avec un psy. Depuis, l’initiative a essaimé : une quinzaine d’autres hôpitaux, à Grenoble, Bourges ou Angers, s’en sont inspirés… «Certains soignants me disent que si ça n’existait pas ils auraient arrêté…