On connaissait son existence. Depuis soixante-dix ans, on se demandait si, un jour, Gallimard publierait le journal de Paul Morand à Vichy. Plus les années passaient, plus on s’attendait au pire. Un si long délai de décence ! Ces pages devaient être effrayantes. Bonne et mauvaise surprise : en effet, elles le sont. Sur la forme comme sur le fond. Le style, d’abord. On connaît, et on adore, l’écriture de Morand, fraîche comme un verre d’eau, pressée comme un courant d’air. C’est vif, précis, bref. Son encre glisse. Il a le génie de la formule qui résume, du détail qui montre, du portrait qui révèle en dix lignes ce que vous avez mis trente ans à cacher. Il incarne l’esprit français.
Grosse déception, cette fois-ci : ni vues historiques, ni…