Ala ville frontière de Matamoros, le Rio Grande est particulièrement étroit. En dix brasses, peut-être vingt, on doit pouvoir traverser le fleuve qui sépare le Mexique des Etats-Unis, cette eau boueuse au bord de laquelle, dans les bons vieux westerns, se sont arrêtés tant de cow-boys. En ce temps-là, il n’y avait pas de mur pour interdire le passage. Sous la présidence Trump, il n’y en a pas davantage à cet endroit. Alors, à la place d’Oscar Martinez, 25 ans, on aurait sans doute fait pareil. Tenter sa chance. On aurait regardé les nombreuses traces de pas qui, sur l’étroit banc de sable boueux, rappellent qu’ici, chaque matin, les migrants viennent faire leur toilette. Et on n’aurait pas prêté attention au panneau rouillé, à moitié caché par les arbustes, qui…