Paris Match. Votre film est-il un dialogue un peu schizophrène entre l’enfant que vous étiez, qui rêvait de devenir acteur, et la star que vous êtes, qui aimerait cesser d’être la cible de tous les regards ?
Xavier Dolan. Non, je suis surtout l’enfant, en fait. Je ne suis pas aux prises avec le dilemme de ne pas pouvoir être moi-même et je n’ai pas non plus l’échelle de succès qu’il a… En revanche, c’est bien moi l’enfant qui crie devant son téléviseur, ébahi devant des “Roswell”, “Charmed” ou “Buffy”. Ce n’étaient pas les meilleures séries mais elles me faisaient fantasmer, même si elles véhiculaient une réalité un peu hétéronormative à laquelle je n’avais pas du tout l’impression d’appartenir puisque j’étais homosexuel, irlandais, égyptien, vivant en banlieue, à Montréal…
A…
