Avec une bouteille d’eau, Maryam, 8 ans, nous fait une démonstration: violence des vagues avec bruitage. Son récit n’est pas celui d’une enfant qui aurait trop regardé la télé.A quatre reprises, elle a tenté l’aventure. La dernière fois, avec dix réfugiés iraniens, dont Mahaya et Reza, ses parents, et Benjamin, son petit frère d’à peine 2 ans. C’était il y a trois semaines. Dans l’obscurité de la nuit, quelques minutes après avoir quitté le rivage, Maryam a été éjectée dans les flots. L’embarcation s’est retournée. La gamine a nagé la brasse, comme son père. Mahaya et Benjamin, eux, ont bien failli se noyer, mais les autres les ont remontés sur la coque rigide. L’un des naufragés a alors sorti un téléphone, protégé hermétiquement par un préservatif, pour composer le 112.…
