Al’heure où Edouard Philippe prit la parole, il n’y avait personne dans les champs, les étables, les laiteries. « Devant les postes de télé, nos cœurs battaient très fort, raconte Régis Fresneau, 55 ans, ancien exploitant. Les rumeurs étaient optimistes, mais jusqu’au bout on a douté.»
Elles en ont tant vu, ces six familles d’agriculteurs à l’origine du combat, les Fresneau, Bézier, Bizeul, Durand, Gaudin et Tarin. Tant vu depuis 1968, cinquante ans pile, date à laquelle le site de Notre-Dame-des-Landes fut retenu. Tant de trahisons et de volte-face de l’Etat, de pression pour s’en aller. Pendant cinq décennies, ils ont manié la fourche et le porte-voix, les concepts et la tronçonneuse. Tous ont le triomphe modeste. «On n’a pas “gagné”. Le bon sens l’a emporté», résume Joël Bizeul, 55…
