Je me demande si notre activité de modélisme ferroviaire n'est pas un reflet de notre société. Ce qui nous est principalement proposé, ce qui fait tourner l’économie, c'est de convoiter, acheter, puis passer à autre chose, un autre sujet de désir… Et c'est sans fin. L'imagination des fabricants d'automobiles, par exemple, est inépuisable lorsqu'il s'agit de créer de nouveaux besoins… indispensables, mais dont on se passait jusqu'ici! De même, nos trains miniatures reproduisent parfaitement, ou presque, la réalité, se dotent de détails parfois invisibles une fois le matériel en ligne, disposent sans cesse de nouvelles fonctions. Quelle place est laissée au patient plaisir de fabriquer, modifier, personnaliser, au bonheur de prendre son temps, à la démarche, à la progression, au lent apprentissage?
Yann Baude…