Dans les deux premières histoires, elle arrive comme une rock star à bord de sa Volkswagen Jetta (couleur vert camouflage). Dreadlocks, yeux gris, serpents tatoués au bras, elle dit : « Bonjour, je suis Médée, je suis venue t’aider. » Dans les sept suivantes, elle apparaîtra de façon différente, tel un fantôme. Ainsi Médée surgit-elle depuis l’Antiquité en plein XXIe siècle, pour prêter main-forte à huit femmes et un homme, voix narratives de neuf nouvelles sur fond de cartels narcos, de patriarcat, de militaires faibles, d’élus corrompus, de féminicides, de racisme. D’une part, il y a ces micro-fictions, formant chacune un tableau tantôt grinçant, tantôt tragique, tantôt radical de la situation, sous le prisme intersectionnel ou familial. D’autre part, il y a cette dystopie audacieuse : imaginer Médée fuyant son…
