«Silvina Ocampo n’aimait pas être prise en photo. » Dont acte : La Petite Sœur, monographie de Mariana Enriquez, n’en contient aucune. Il ne s’agit pas tant, cependant, de rehausser l’aura de mystère qui nimbe cette fascinante créature que d’en mieux saisir l’intime essence. Petite sœur, donc, de Victoria Ocampo – figure emblématique des lettres argentines qui attirait sur elle l’essentiel de la lumière –, épouse d’Adolfo Bioy Casares (qui la trompait et l’adorait), lui-même grand ami de Jorge Luis Borges, souvent, donc, fourré chez le couple (« Qu’est-ce qui peut bien les amuser autant, ces imbéciles ? »), Silvina écrivait, elle aussi, des contes outranciers, dérangeants, lardés de fantasmes et d’évocations funèbres, à la lecture desquels on comprend vite pourquoi Mariana Enriquez, sa digne héritière au domaine des ténèbres,…
