Les naufrages constituent la meilleure éducation de l’homme. On l’apprend en lisant Homère. Ulysse, de chavirages en robinsonnades, devient ce qu’il est. Depuis l’Odyssée, la littérature s’est emparée du thème de la « fortune de mer ».
Solitaire, le rescapé peut rebâtir à l’identique la civilisation qu’il aime : c’est le Robinson de Daniel Defoe. Il peut aussi inventer une nouvelle société aux lois inversées, comme dans L’Île des esclaves de Marivaux.
Poursuite, dérive, tempête, survie, piraterie. Rien ne lui est épargné Dans un échouage en groupe, deux cas de figure se dessinent. Parfois, l’entente règne. On s’épaule, on s’entraide, la fin est heureuse. D’autre fois, les hommes se font la guerre, un tyran prend le pouvoir : au naufrage succède la discorde. Dans la majorité des cas, l’homme se…
