Facétieux et mélancolique, plus timide que lointain, mais totalement intransigeant, Erik Satie (1866-1925) quitta un jour la faune de Montmartre, du Chat Noir et des prémisses du jazz pour la solitude d’une chambre crasseuse, refusant toujours de choisir entre l’exubérance et le vide. Il était « un égaré dans le siècle », disait Debussy, un grand enfant hypersensible menant une vie en zigzag, douloureuse, folle et cruelle. « Ici demeure Erik Satie que l’on prit pour un fou, un misérable, un fumiste, un analphabète musical, un fantaisiste, un raté, un aigri, un mania -que, un ivrogne un clown, un paranoïaque », écrit Stéphanie Kalfon dans un livre poétique, un premier roman pétillant de vigueur et de sagacité. A cet homme mystérieux et décousu, elle offre de courts chapitres qui parviennent…
