Nul ne sait vraiment à quoi s’en tenir avec l’étrange Joris-Karl Huysmans (1848-1907), à qui l’on doit quelques romans fameux, dont À rebours (1884), qui font encore frissonner les adolescents tentés par l’esthétique des alcôves… L’homme était irascible, terne, frénétiquement célibataire. L’écrivain, lui, se voulait ivre de mots, d’hypotyposes et de non usités vocables. Romancier naturaliste, surnaturaliste, chrétien pour finir, ce curieux personnage hésita, sa vie durant, entre l’ennui, la volupté et la foi.
Rond-de-cuir au ministère de l’Intérieur, premier président de l’académie Goncourt, ce Joris-Karl fut également tenté par les messes noires, les prostituées, le satanisme, avant de tout miser in fine sur Dieu – ce numéro qui sort souvent dans le casino du désespoir… À défaut de quelque béatification (qui n’aurait pas déplu au frère oblat que Huysmans…
