Gretel Ehrlich écrit après l’éclair. Littéralement. Un sale matin d’orage, l’homme qu’elle aime meurt foudroyé, net. Alors elle part, prie, marche, fuit la ville, le monde et tous les hommes, elle décampe, s’échappe dans les plaines dilatées du Wyoming, choisit le vaste pour viatique, se dissout dans le mystère animal, dans une cabane, dans un lieu de nulle part où le silence a une densité d’orgue, où le vent bâtit des cathédrales, où tout – hommes, bêtes, ciels, atmosphère – semble aussi insensé qu’elle-même. « Je suis tombée amoureuse d’un lieu qui me rendait insignifiante », dit-elle ; voilà l’aveu. C’est le grand courant d’air pur de l’été, un récit dense, intense, profond, tellurique, une sorte de synode littéraire entre Emily Dickinson (échappée de sa chambre et chevauchant avec des…
